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Charles POUSSIN                  AEROPOSTALE    

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Né à Paris, nous savons très peu sur ses premières années. En 1913, appelé au service militaire en Tunisie a rejoint le 4e régiment de zouaves. Participé depuis ses débuts dans la Première Guerre mondiale, où grièvement blessé. Pendant sa convalescence sa demande de rejoindre l'aviation est d'abord rejetée puis admise en 1917. Il rejoint l'école de pilotage de Crotoy. Destiné à un escadron de chasse en 1918, il termine la guerre avec de nombreuses citations. 




Charles Poulin en 1913 uniforme du 4e zouaves


Poulin en 1917 lors de son séjour à l'école de pilotage de Crotoy

En 1921, il entra comme pilote dans les Lignes Aériennes Latécoère , sur la ligne Toulouse-Casablanca. Chef d'Aéroplace successivement à Casablanca, Alicante , Barcelone et Perpignan. En 1924, quand les lignes ont été ouvertes Alicante-Oran et Oran-Fès-Casablanca arrive Vachet en tant que chef aéroplace à Oran. En 1927, Didier Daurat le nomme chef de l'Aéroplace d'Alger pour gérer la nouvelle ligne de Marseille-Alcudia-Alger.


Charles Poulin photographié à Casablanca en 1921 en tant que pilote de Latécoère en face d'un Salmson 2A2 Limousine


En 1929, sans quitter son poste de chef Aéroplace d'Alger, est autorisé par Daurat à aider la mise en route de la filiale Compagnie d'aviation de la Transafricaine de l'Aéropostale et du groupe Weiller (le fabricant du moteur Gnome Rhône), qui deviendra Air Afrique.


Le survol du Sahara par un avion commercial source: 1929/01/14 Revue L'Homme libre

On nous télégraphie d'Alger qu'un avion commercial français de l' «Aéropostale» vient d'arriver dans cette ville après avoir effectué le trajet Alger-Laghouat-El Golea-Insalah-Reggan et retour.
Piloté par Poulin, cet avion vient ainsi d'effectuer un circuit important jusqu'au cœur même du Sahara.
Ce voyage de reconnaissance fait suite à un précédent voyage aérien effectué par l'«Aéropostale», d'Oran à Colomb-Béchar et Reggan. Il a permis de ramener, de Reggan à Alger, des passagers du service automobile de la compagnie transsaharienne venant du Niger et qui n'avaient pu continuer sur Colomb-Béchar par suite des récents incidents survenus dans cette région.
Cet avion a, en particulier, ramené à Alger, M. Collet (
Pour Collet Voir  aussi de Lucien Morareau (01/10/2009 10:26:15), inspecteur de l'«Aéropostale», qui, après avoir reconnu par avion la route du sud oranais, d'Oran à Reggan, avait poursuivi, le mois dernier, son voyage jusque sur le Niger par automobile et avait effectué, par les mêmes moyens, jusqu'à Reggan, le voyage de retour.
M. Collet a pu, ainsi, étudier les possibilités des deux parcours et reconnaître les différents terrains d'atterrissage utilisables.
On voit que les études du futur réseau africain sont activement menées et que, grâce à elles, elles pourront rapidement mettre en exploitation les liaisons aériennes devant desservir, d'une part, l'Afrique occidentale par le Sahara central, en évitant le Rio de Oro et, d'autre part, la boucle du Niger, le Congo et Mozambique jusqu'à notre grande lie de l'océan Indien.
Henry LAROIJEY.


En 1932, il quitte l' Aéropostale pour se consacrer à l'ouverture de la ligne, à travers le continent africain, Madagascar-Alger qu'il réalise avec succès. Cette ligne, après la liquidation de l' Aéropostale, passe entre les mains d'Air Afrique en 1934, où Charles Poussin sera nommé Directeur des Opérations et organisera pour la même compagnie un réseau de lignes couvrant presque tout le continent africain.

      
Deux photographies de Charles Poulin  comme Directeur des Opérations d'Air Afrique


Après l'armistice de 1940, Air France et Air Afrique fusionnent, une décision prise par le gouvernement de Vichy. Poulin est l'adjoint de Schneider, directeur d'Air France à Alger. Quand en 1944, le gouvernement du général de Gaulle a créé le Lignes Aériennes Militaires, Charles Poulin sera prié d'organiser, de Damas, le réseau Est, avec les lignes Damas-Le Caire-Alger-Paria,  Damas-Le Caire-Khartoum-Le Facher-Fort-Lamy, Damas-Le Caire-Kharttoum-Asmara-Djbouti-Mogadiscio-Mombasa-Lindi-Tananarive-Réunion-Maurice et Damas-Bagdad-Téhéran. En avril 1945, il retourne à Alger pour l'état-major de l'Air Région 5ème et organise un réseau de vols d'approvisionnement des positions françaises dans le Sahara et en Afrique occidentale. Il a été démobilisé le 4 avril 1946.

Agacé par les intrigues politiques de la France dans la période immédiate après-guerre, il démissionne de son poste à Air France, et avec son ami Estienne, grand explorateur du Sahara, il crée une petite entreprise: Aero-Africaine, qui, avec deux Martinet, un Douglas DC- 3 et un Lockheed Lodestar achetés auprès d'Air France, et lance une ligne entre Alger-Tamanrasset et Zinder, plus tard, complétée par d'autres liaisons aériennes à Sebha, Rhadamès, Douala, Cotonou, Niamey, Bamako, Gao ... couvrant de nouveau toute la zone du Sahara et l'Afrique occidentale française. En désaccord avec les autres dirigeants des sociétés du groupe appartenant à l'Aéro-Africaine, il démissionnera en 1948, mettant fin à sa vie professionnelle avec l'aviation commerciale. Charles Poulin est mort en 1974.