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AEROPOSTALE    BIENVENUE   INDEX   RECHERCHE  CONTACT                                                         Exploration aérienne vers le nord du Chili  1924 1927   

L'Aéropostale au Venezuela et sur la côte pacifique de l'Amérique du Sud


Extrait de L'AEROPOSTALE de Raymond Danel page 58,...


Au cours de l'été 1929, l'Aéroposta Argentina effectua quelques vols entre Buenos-Aires et la station balnéaire de Mar del Plata distante de 400 kilomètres. De saisonnière, la desserte de cette ligne devint régulière le 7 janvier 1930 avec la mise en service d'un Laté 28 dont Bouilloux-Lafont fut du voyage inaugural.
Tous au long de 1929, deux missions technico-commerciales de l'Aéropostale et une troisième à caractère semi-officielle préparèrent une nouvelle phase d'extension du réseau.
Comme suite à une initiative personnelle, Pierre Colin-Jeannel  , avocat à Dijon, et J. Charles Gruère
furent patronnés par les ministères de l'Air, du Commerce, et des Affaires Etrangères ainsi que par l'office national du commerce extérieure pour une mission de propagande en Amérique du Sud en faveur du commerce et de l'industrie. A cette occasion, la Société Géographique de Paris leur confia une mission annexe d'études dont la responsabilité incombait à Gruère.   
Les deux hommes arrivèrent aux Antilles par mer au début de 1929. Ils rejoignirent Maracay (Venezuela) l'ex-pilote militaire Jean Couret qui avait convoyé par bateau le monomoteur de transport Potez 29-2 n° 1497 mis à leur disposition. Cet avion allait voler sous l'immatriculation X-SEBC.
En dehors de ses fonctions proprement dites de pilote, Couret participa activement avec les dirigeants vénézuéliens en vue d'obtenir pour l'Aéropostale pour un service postal devant se raccorder à la ligne en projet de Natal à la Guyane et aux Antilles françaises. Des représentants de deux compagnies aériennes étrangères, la PANAM américaine, dont il va bientôt être question, et la SCADTA colombo-allemande, étaient déjà sur place pour le même but. Une promesse positive fut faite aux Français à la suite d'une aventure peu banale que l'on pourrait prendre pour une galéjade.... voir comment Jean Couret a obtenu le contrat Aéropostale  par Pierre Viré

Approuvé le 3 juillet 1929, par le Congrès de Caracas, le contrat accordait à l'Aéropostale, pour une durée de 5 ans, prorogeable de 5 ans supplémentaires, l'exclusivité du transport postal à destination ou en provenance d'Europe, d'Afrique et des autres pays sud-américains... En juin 1929, Bouilloux-Lafont chargea le chef de mission Piron, assisté par le pilote Gaston Chenu, le radio Julien Fichou et le mécanicien Georges Septfonds, de renouveler et de prolonger jusqu'à Cayenne et au Venezuela la reconnaissance qu'avait effectué Vachet en 1927. L'équipe partit de Natal avec le Laté 26-2-R n° 669 F-AILY, fit escale à Sao Luis de Maranhao et Para (Belem), et arriva à Cayenne le 16 juin. La malchance voulut alors que, s'apprêtant à décoller en surcharge pour Maracay, Chenu s'embourba en bour de la piste improvisée et rendit l'avion complétement inutilisable.
En attendant l'arrivée par mer d'un appareil de remplacement, la mission utilisa un vapeur pour reconnaître les plages et les clairières le long de la côte vénézuélienne. Ce ne fut que trois mois plus tard que débarqua à La Guaira, port de Caracas, le Laté 226 n° 723, F-AJGE tout fraîchement sorti d'usine. En état de vol le 6 octobre, l'avion permit de reconnaître dans chaque sens les parcours Maracay-Maracaïbo et Maracay-Cuidad Bolivar.
Vachet, à qui Bouilloux-Lafont avait fait appel pour organiser le réseau intérieur vénézuélien, arriva à La Guaira le 2 janvier 1930. L'Aéropostale venait d'être enregistrée à Caracas le 23 décembre 1929 et un décret gouvernemental du 30 janvier 1930 entérina le contrat de juillet 1929.
Des quatre membres d'équipage de la mission Piron, seul Chenu resta à la disposition de Vachet qui reçut en renfort initial les mécaniciens Roger Pitot et Antoine Lhote puis l'ingénieur-pilote Pierre Larcher. Au moyen du Laté 26 n° 723 et d'un Laté 28, un premier tronçon de 550 kilomètres entra en service hebdomadaire régulier, le 15 avril 1930, entre Maracay et Maracaïbo.
L'Aéropostale espérait alors une subvention du gouvernement français une participation aux frais d'exploitation de la ligne vénézuélienne. Par lettre du 30 septembre 1930, le ministère de l'Air lui fit perdre toute illusion à cet égard. Il indiqua seulement qu'il était disposé à considérer cette ligne comme une entreprise annexe tout en conseillant à la compagnie de l'exploiter sans subvention.... page 59
Retrouvons maintenant la mission dirigée par Colin-Jeannel qui ayant quitté le Venezuela fin avril 1929, avait poursuivi son périple à travers l'Amérique du Sud. Avec le Potez 29 de Jean Couret, elle parcourut 14.000 kilomètres en 92 heures de vol pour visiter successivement la Colombie, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili, l'Argentine et le Paraguay. Dans chacun de ces pays, elle exerça une propagande intense pour la cause du prestige français et s'efforça à inciter leur gouvernement à conclure des acoords postaux avec l'Aéropostale.
Dans le cadre de cette activité, Couret fit notamment prendre le baptême de l'air à 430 passagers en 30 heures de vol supplémentaires. La mission obtint des résultats positifs au Pérou et en Bolivie. Afin de les concrétiser, Colin-Jeannel repartit seul de Buenos-Aires et fit équipe avec Marcel Portait quin de son coté, venait de remplir avec succès une mission au Chili. Administrateur-fondateur de la CGEA, Portait avait été désigné comme représentant de l'Aéropostale au Chili pour prolonger les pourparlers fructueux de Marcel Bouilloux-Lafont ayant abouti à la création de la ligne Santagio-Buenos Aires.
Par les décrets n° 2384 du 29 juillet et n° 3658 du 23 août 1929, l'Aéropostale était devenue concessionnaire du trafic postal, de marchandises et de passagers avec la Bolivie, le Pérou, les Etats-Unis, le Canada et les pays limitrophes. L'administration des postes chiliennes était en en outre autorisée à signer avec la compagnie un contrat de 5 ans renouvelable lui garantissant l'acheminement de 50% de la correspondance avec les pays concernés, à la seule exclusion des imprimés et des papiers d'affaires. Ces avantages étaient subordonnés à l'ouverture dans les 10 mois des services hebdomadaires avec la Bolivie et le Pérou, dans les 18 mois avec les autres pays. Un avenant ultérieur, en date du 28 mai 1930, reporta au 1er octobre suivant la date limite d'entrée en exploitation des lignes postales pour la Bolivie et le Pérou. Ces deux services présentaient une certaine difficulté du fait que le Chili s'était réservé la desserte de son trafic intérieur sur les 1750 kilomètres entre Santiago et Arica et que, par conséquent, leur départ devait se faire d'Arica. Sur une longueur de 380 kilomètres la ligne de la Bolivie avait son terminus fixé à La Paz, la capitale, via la ville péruvienne de Tacna. Celle du Pérou devait s'étendre sur une peu plus de mille kilomètres et aboutir à Callao, au nord et à proximité de Lima.
Portait et Colin-Jeannel parvinrent à decrocher les contrats nécessaire à la mise en place des deux lignes, le 3 février 1930 de la Bolivie, le 7 mai suivant du Pérou. En vue de la desserte, l'Aéropostale soumit au ministère de l'air français un projet de contrat additionnel assorti d'une subvention annuelle de 5 millions. Elle ne reçut aucune réponse à la demande. 
Deux pilotes, Georges Pivot et Jean Couret furent affectés à la ligne à exploiter au moyen d'un Potez 25 et d'un Laté 28. Jean Couret était embauché depuis le 12 août à la suite de son activité au sein de la mission Colin-Jeannel. Le 1er octobre, Jean Couret et le mécanicien Pierre Chaulet inaugurèrent la ligne au départ d'Arica en emportant du courrier parti de Toulouse le 21 septembre. Pivot effectua le lendemain la 1ere liaison officielle depuis La Paz.
Le cours des événements ne permit guère à la ligne du Pérou de fonctionner au-delà de quelques vols de reconnaissance entre Tacna et Lima. Ce ne fut donc qu'à Tana que l'Aéropostale put prendre en charge et déposer le courrier dont, par un nouveau contrat du 3 octobre 1930, le Pérou lui confia le transport entre le Chili, l'Argentine, l'Uruguay, l'Afrique et l'Europe.

Par suite de son dépôt de bilan en mars 1931, l'Aéropostale ne put donner suite à un projet à plus long terme visant à faire remonter jusqu'au Venezuela, par l'Equateur et la Colombie, la ligne postale qui aurait longé le littoral de l'Océan Pacifique. A son grand dépit, cela intervint au moment même où un concurrent inexistant en 1927, La Pan American Airxays Inc. (PANAM) et une de ses filiales prolongeaient de Santiago-du-Chili à Buenos-Aires la ligne continue qui était partie de l'isthme de Panama moins de deux ans plus tôt.        























Le premier raid aérien TACNA SANTIAGO SANTIAGO - 1924                 HAUT DE PAGE

La possibilité de relier Santiago avec les provinces du nord a été étudiée par une commission qui a examiné les conditions de terrains d'atterrissage possibles, Serena, Copiapo, Baquedano, Arica, Iquique et Tacna. La concrétisation  de cette initiative s'est traduite par la préparation d'un raid de 7 avions, 5 De Havilland  et 2 Avro, de la Force aérienne vers le nord du Chili. Le 16 Février, 1924 ont décollé de l'aérodrome d'El Bosque, 7 appareils avec des sacs de courrier....

En décembre 1927, l'avionneur français Louis Breguet, afin de démontrer la capacité de ses avions, a organisé un vol avec un biplan Breguet  19-A   "Nungesser et COLI". Dieudonné Costes et Joseph Le Brix ont décollé de Santiago, ont suivi de la côte,ont atteint Arica, puis La Paz....Ce vol a transporté 11 lettres dont les enveloppes portaient l'inscription: SANTIAGO DE LA PAIX Le pilote de la Traversée des Andes Joseph. Brix RAIDCette tentative a également conduit à la mise en place d'un service régulier... .

Il y a probablement eu des contacts entre Bouilloux et  l'acteur principal, le commandant Arturo Merino Benitez, qui avait fondé la Línea Aeropostal Santiago-Arica afin de l'étendre, via le Venezuela vers les États-Unis avec l'Aéropostale qui avait mit en service la ligne postale Arica - Tacna La Paz, en coordination avec la ligne Santiago-Arica au Chili avec une séquence hebdomadaire. Ce service a duré jusqu'en mai 1931.

Pour plus de précisions. La Compagnie Générale Aéropostale, sous la direction de Marcel Bouilloux-Lafont a commencé le 2 octobre 1930 (retour le 6 octobre), un service régulier entre Arica et La Paz. Les vols assuraient la correspondance avec la compagnie aérienne nationale du Chili vers Santagio et pour le Pérou la branche Tacna-Lima. Au Chili existait, dès le 5 mars 1929, Aeropostal Linea Santagio-Arica dirigé par le commandant Arturo Merino Benitez.   

source ==>   http://www.sociedadfilatelica.cl/webarticulos/raid_stgo_tacna.html