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Franchir
l'océan
février 1929
Les
difficultés matérielles étaient nombreuses;
pourtant elles étaient peu de chose à côté de
celles d'ordre moral qu'il s'agissait de
vaincre. On imagine facilement à quelles
compétitions, à quelles ambitions, à quelles
puissances de tous ordres la Compagnie
Latécoère s'était heurtée. Peut-être se
fut-elle brisé les ailes —c'est le cas de le
dire— si un
homme, imprégné de culture aéronautique
naissante, maire d'Etampes, encore ne se fut
trouvé là, dont la volonté, l'énergie, la
persévérance vinrent à bout de tout.
Dans l'Amérique du Sud, M. Marcel
Bouilloux-Lafont avait de longue date déjà
groupé, sous son autorité,
d'impressionnants moyens d'action; il les mit
au service de l'Aviation française, et bientôt
prenait forme, la gigantesque entreprise
destinée à maintenir et à développer le
prestige du pavillon français dans toute
l'Amérique du Sud. source
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L'AÉROPOSTALE
est une réalisation
qui a demandé autant d'ingéniosité que de
méthode et d'énergie. Elle
a forcé l'admiration du monde. Elle est née de
l'initiative privée de Marcel
Bouilloux-Lafont, elle s'est constituée
avec des capitaux privés et avec des engagements
formels de l'Etat.
En mars 1927, Marcel Bouilloux-Lafont, devient
président et actionnaire majoritaire de la CGEA,
achetant 93% des parts, CGEA rebaptisée
"Compagnie Générale Aéropostale". Tout en
gardant les structures internes, il
réussit en particulier en Amérique du Sud là où
son prédécesseur avait échoué. Il établit ainsi
la liaison aérienne continue entre Toulouse et
Santiago du Chili et, à travers des "compagnies
sœurs", entre
Toulouse et Asuncion (Paraguay)
et Rio Gallegos, à la pointe sud des Amériques.
Les liaisons seront également explorées vers le
Nord-Ouest de Natal, Guayana, Venezuela et les
Antilles françaises.
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==> ÉTUDE de l'AÉROPOSTALE
(Étude de type
thèse adaptée à la toile, liens hypertexte...plus de
500 pages WEB)
Marcel Bouilloux-Lafont le plus grand
visionnaire parmi tous les promoteurs des compagnies
aériennes du monde Ron
Davies
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| 1909 |
Parti d'Étampes Louis
Blériot (37 ans) traverse
la Manche. La France devient la Mecque européenne de
l'aviation dans les années
1909-1911 et Étampes accueille
l'ensemble de la galaxie des pilotes
et des ingénieurs. Les
4 écoles des constructeurs Deperdussin
– Henry Farman - Blériot - Tellier.
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| 1912-1927 |
Marcel Bouilloux-Lafont
(41
ans), élu
maire d'Étampes (1912 à 1929), voit
grandir l'aviation (il apprit à
piloter à 58 ans en 1929 page
122) dans un milieu
aéronautique et deviendra un «Défricheur
du
ciel». (Parmi les projets de Société
financière des nations chargée de
liquider les comptes de guerre, celui de
Marcel Bouilloux-Lafont mérite une
attention spéciale, février 1919).
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| fin mars 1927 |
Pierre-Georges
Latécoère, devant l'ampleur de la
tâche, abandonne son projet,
relier l'Europe à l'Amérique du Sud, et vend la C.G.E.A. (Compagnie
Générale d'Entreprise Aéronautique).
Autant il fut facile sur le
papier de tracer un trait qui unit cités et
continents autant la tâche fut
extrêmement compliquée. Après une étude
rigoureuse, Marcel Bouilloux-Lafont l'achète
et crée l'Aéropostale (C.G.A. Compagnie
Générale
Aéropostale). Le capital
investi atteint près de 300 millions, «J'ai mis toutes mes
ressources dans la balance, y
compris ma fortune personnelle
et celle des miens
».. (La convention: il ne
s'agissait pas seulement d'une promesse,
signée le 2 août 1929 par le ministre
de l'air, M. Laurent Eynac, n'ayant pas été
respectée par l'État pour raison politique
entraînera des questions financières.)
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| 17 juin 1928
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Victoire de l'aviation
française. (texte
entier) La
liaison Europe-France-Amérique du Sud la
possession et le contrôle des lignes
aériennes est pour l'avenir d'une
nation d'importance capitale.... lutte engagée entre
notre aviation nationale et l'aviation
allemande... Le 1er
novembre 1927 enfin, la ligne
Natal-Buenos-Aires... La
jonction entre les tronçons France-Afrique
et le tronçon de l'Amérique du Sud était
établie le 1" mars 1928, par la
collaboration mixte de l'hydravion et
de l'aviso... Le personnel affecté à ce
service comprend outre les chefs de bases 72
pilotes, 200 mécaniciens, 50 radios, 400
manoeuvres, 40 officiers de marine, 300
marins.... Le matériel se compose de 200
avions, 10 hydravions, 500 moteurs, 6 avisos
rapides, 4 dépanneurs, 6 vedettes, 3
citernes à mazout, 2 citernes à eau. |
| février 1929 |
Le programme
envisagé actuellement par la C.G.A. pour
l'Amérique, si vaste qu'il soit, n'est
qu'une partie de celui beaucoup plus
général que l'Aéropostale s'est imposé et
dont l'exécution va se poursuivre en Europe
et en Afrique...»
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| 1er mars
1931 |
L'Aéropostale «est mise en
liquidation...» pour être
définitivement liquidée 2 ans plus tard. |
| 7 mars 1931 |
Marcel
Bouilloux-Lafont écrit :
«L'Aéropostale traverse une crise, mais elle
n'est pas menacée dans son existence. De
quoi souffre l'Aéropostale?» |
| 26 mai 1931
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Marcel
Bouilloux-Lafont écrit: «De même que,
pendant la guerre, une victoire du front
a parfois été compromise par une
défection de l'arrière et par les
résultats d'un défaitisme habilement
organisé par l'adversaire, de même
nos succès hors des frontières se
sont trouvés brutalement compromis
par une défaillance de ceux qui
avaient le devoir de nous défendre
et d'accompagner nos efforts. Une rafale
est venue, née d'intrigues politiques,
de désirs de vengeance inassouvis
et d'ambitions mesquines, alimentée par
des jalousies tenaces. En quelques
jours, l'essor de l'Aéropostale, s'est
trouvé brisé, et le fruit
d'un travail aride de plusieurs
années est fortement compromis.
Pour sauver l'œuvre entreprise,
pour suppléer aux ressources sur
lesquelles la signature ministérielle me
laissait en droit de compter, j'ai
mis toutes mes ressources dans la
balance, y compris ma fortune
personnelle et celle des miens. Cela n'a
pas suffi, Docteur Eckener, mais
la semaine même où nous n'avons pu
trouver dans notre pays les
quelques millions nécessaires à une
échéance de l'Aéropostale, 800
millions étaient trouvés, en
un clin d'oeil, à destination
de l'Allemagne... Et Puis vous
avez chez nous des amis fidèles, ceux dont il
a été dit à la tribune de la Chambre que, par
un merveilleux hasard, leurs discours et leurs
votes se trouvaient beaucoup moins souvent en
concordance avec les intérêts de leur pays que
ceux du vôtre...»
Maurice
Bouilloux-Lafont, jeune frère de
Marcel de 4 ans, député du Finistère de 1914 à
1932, vice-président de la Chambre des
députés, fin 1930, fait connaître son
intention d'en briguer la présidence. Une
campagne de presse hideuse se déclenche qui va
déborder sur les activités du frère du
parlementaire. C'est le début de l'attaque
contre l'Aéropostale, d'autant plus qu'en tant
que rapporteur du budget de la Guerre, en
1926, il avait dénoncé le gigantesque effort
de l'Allemagne pour reconstruire son aviation
militaire allemande par le truchement de son
aviation civile. Il est regrettable de trouver
dans les contacts France-Allemagne M.
Latécoère qui avait vendu sa compagnie à
Marcel Bouilloux-Lafont et P.L. Weiller dont
le rôle fut complexe mais dont le but était
«d'évincer définitivement les dirigeants de
l'Aéropostale» à son profit toutes
les sources d'époque
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| 7 janvier 1932 |
!!!
Création
d'une
«communauté
d'intérêts franco-allemande» (retour
dans le texte) pour le trafic
aérien, qui aboutirait à la
création d'une Société commune
dirigée par le Dr Eckener, du coté
allemand, et par M. Latécoère, du coté
français, étrange complaisance que rencontre
chez nous la propagande aérienne allemande.
Des pourparlers se nouent à Berlin, à
l'ombre du Comité de rapprochement
économique franco-allemand, pour faire
passer dans des mains allemandes
nos positions aériennes en Amérique du
Sud. Le plan est d'une tragique
simplicité, écrit Jacques Ditte, on travaille
à tuer l'aviation française pour
permettre au zeppelin et à la Lufthansa de
cueillir les fruits du labeur et de l'héroïsme
français. M. P.-L. Weiller, dont les intérêts
en Europe centrale sont considérables (CIDNA),
suivra de très près les conversations engagées
à Berlin par M. Dautry, sous l'égide de ce
fameux Comité de rapprochement économique.
Ci-dessous: Les dessous
politiques (intrigue
d'affairistes de l'aviation). Voir
aussi: ECHEC
DE LA COLLABORATION FRANCO-ALLEMANDE
(avril
1931) |
| Octobre 1932 |
Un des épisodes les
plus sordides de l'histoire de l'aviation
française... «... affaire
des faux de l'aviation» qui aboutira en mars
1933, au procès du même
nom. Une affaire où
politiciens, ministres, policiers
et espions (Faux-Pas-Bidet,
Jean de Lubersac, Collin dit
Lucco...) sont embourbés
jusqu'aux cheveux».
André,
fils de Marcel Bouilloux-Lafont fut victime
expiatoire d'une affaire d'espionnage et de
contre-espionnage, sur fonds de manœuvres
nazies qui convoitaient l'infrastructure
créée par les Bouilloux-Lafont en Amérique
du Sud. Il fut inculpé dans le procès des
faux de l'aviation en 1933. toutes
les sources d'époque
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| 12 nov. 1932 |
Les
dessous politiques du scandale de l'Aéropostale
et l'affaire judiciaire Etude
d'ensemble sur la guerre des Routes, dont le plan
était fixé d'avance. L'auteur montre les dessous
politiques du scandale de l'Aéropostale. Il révèle
que derrière le paravent il y avait une intrigue
d'affairistes de l'aviation, et que cette intrigue
visait à livrer à la Lufthansa et au Konzern
Zeppelin les dépouilles de notre Aéropostale. Le
paravent, c'est l'affaire judiciaire avec laquelle
on égare le public. Cette affaire judiciaire, ou
plus exactement policière, a des dessous
singuliers, et on l'a embrouillée à souhait selon
les méthodes en honneur à la rue des Saussaies (ministère de
l'intérieur).. REVUE HEBDOMADAIRE
1932/11/12
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jan 1933
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CHANTS
DE SIRÈNES SUR LE ZEPPELIN
En
janvier 1932, des pourparlers se sont noués à
Berlin, à l'ombre du Comité
de rapprochement économique franco-allemand,
pour faire passer dans des mains allemandes nos
positions aériennes en Amérique du Sud. L'affaire
de l'Aéropostale a sa source dans ces louches
tractations, ainsi que le projet
d'internationalisation des aviations marchandes,
déposé en février 1932 par les représentants
français à Genève. Sur «le chemin de Buenos-Aires», elle
vient de rencontrer le protecteur sérieux M.
le docteur Eckener, seigneur de la
Luftschiffbau Zeppelin Gesellchaft.
REVUE HEBDOMADAIRE 1933/01
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| 25 mars
1933 |
Les
dessous politiques du scandale de l'Aéropostale
et l'affaire judiciaire
Quelques-uns des dessous de l'affaire
policière. D'un examen serré, solidement
étayé par des faits et des textes, il
résulte que tout s'est passé comme si la
Sûreté générale et les socialistes eussent
couru au secours des négociateurs de Berlin
mis en cause par M. Bouilloux-Lafont. Tout
s'est passé aussi comme si le faussaire
Lucco, indicateur de police, eût exercé
pendant deux ans et demi des chantages
réitérés sur les constructeurs grâce à des
documents mis entre ses mains par certain
service du ministère de l'Air. Tout s'est
passé comme si les faux livrés à M.
Bouilloux-Lafont eussent été, au moins en
partie, d'une autre main que celle qui a été
trop facilement désignée par l'instruction.
REVUE
HEBDOMADAIRE 1933/03/25
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| août 1933 |
Fin de
l'Aéropostale. Mai 1933 création
de La Société Centrale pour l'Exploitation des
Lignes Aériennes (SCELA ou S.C.E.L.A.) qui
regroupe Air Orient, la CIDNA, Farman et Air
Union, l'Aéropostale. Octobre 1933? la SCELA
devient Air France
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Avant
1936
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Marcel
Bouilloux-Lafont dit à Jean-Gérad Fleury et à
Jean Mermoz source
- Il
faut que je reprenne tout ce qui est viable dans
mon oeuvre, ajouta-t-il avec décision. Je dois
subir une opération. Dés que j'en aurai fini
avec mes médecins (il était devenu aveugle), je
retournerai là-bas. J'y travaillerai jusqu'à mon
dernier souffle.
Une intervention chirurgicale lui ayant
rendu la vue d'un oeil.
- Je vois clair, s'écria-t-il avec une joie
d'adolescent. Je m'embarque pour Rio... au
travail!
Dés lors, avec une obstination de termite, le
vieil homme ramassa les bribes de son empire et
avec les ruines éparses des anciens édifices il
tenta d'échafauder une oeuvre nouvelle.
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| 2 février 1944 |
Ruiné,
Marcel
Bouilloux-Lafont
meurt
à
Rio
de
Janeiro,
ses rêves anéantis et oublié de tous, sauf
ceux qui connaissent l'Histoire de
l'Aviation Française et ceux qui chérissent la
mémoire d'un grand Français. |
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Quand elle a
débuté, nous étions dix jeunes hommes voués à
son succès, de toute notre âme. De ces dix-huit,
nous restons quatre aujourd'hui et tous ceux qui
manquent sont morts à leur poste en pleine lutte
pour que la ligne vive. Plus de
quatre-vingts de nos morts ont jalonné le long
parcours de Toulouse à Santiago, de la
Cordillère des Andes aux Pyrénées. Vous
comprenez bien que pour nous leurs voix ne se
sont pas tues. Elles commandent. Mermoz
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