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Compagnie Générale AÉROPOSTALE le projet du groupe incluant l'Afrique         contact        
 
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Revue aéronautique de France. Organe officiel de la Ligue aéronautique de France  1925/03  PAGE 255
Conférence de Louis Forest du 7 février 1925
L'AVIATION TRANSATLANTIQUE
 pour que la France puisse être et demeurer en Amérique du Sud




Devant une assistance fort nombreuse et des plus choisies, après quelques mots du Président M. Painlevé, de M. le ministre Laurent Eynac et de M. Georges Lecomte, l'orateur exposa l'oeuvre de Pierre Latécoère et son projet, relier Toulouse à Buenos-Ayres, en rappelant que depuis 6 mois, une équipe de prospecteurs aériens (photos), à la tête de laquelle se trouve le prince Charles Murat, parcourt avec des avions les villes et les côtes du Brésil, de l'Uruguay et de l'Argentine, pour y obtenir les autorisations administratives et y organiser les éléments multiples et compliqués qu'exige un service aérien sûr et régulier. Tout est donc préparé au point de vue technique pour l'ouverture prochaine de la ligne.
Latécoère abandonnera son projet qui sera repris par Marcel Bouilloux-Lafont, Maire d'Étampes, dont la réalisation a demandé autant d'ingéniosité que de méthode et d'énergie et qui deviendra l'Aéropostale , mars 1927






   La carte ci-dessous est certainement à l'origine  des publictés trompeuses



La conférence reportée par Victor CAMBON

Une assistance fort nombreuse et des plus choisies se pressait  le samedi 7 février, dans les somptueux salons de la Présidence de la Chambre, pour écouter l'attrayante conférence de M. Louis Forest, organisée, par l'Union des Grandes associations françaises, sur la naissance, le présent et l'avenir des lignes aériennes françaises fondées par M. Pierre Latécoère, ingénieur des Arts et Manufactures, et reliant la France déjà à l'Afrique du Nord, demain à l'Afrique Occidentale et bientôt à l'Amérique du Sud.
Chacun se réjouissait d'avance d'entendre le conférencier dont la verve, l'originalité et le légendaire bon sens sont connus de tous et de suivre sur l'écran les vues et les scènes animées prises en avion au long de ce parcours ininterrompu de 12.000 kilomètres, de Toulouse à Buenos-Ayres par l'Espagne, le Maroc, le Sénégal, les îles du Cap-Vert, le Brésil, l'Uruguay et la République Argentine.
M. Painlevé, le maître de céans, présidait, et nul n'aurait pu occuper le fauteuil avec plus d'autorité que ce grand savant qui fut l'un des initiateurs les plus clairvoyants de l'aviation française.

Il avait autour de lui Son Excellence M. l'ambassadeur du Brésil Souza-Dantas; M.le maréchal Franchet d'Esperey; M.Laurent Eynac, sous-secrétaire d Etat; M. l'inspecteur général Fortant, les colonels Reimbert, Féquant, Casse, Delcambre, de Vergnette; M. le capitaine Fonck, MM. le comte de La Vaux, Louis Blériot, Pierre Latécoère, de Massimy, Râteau, Dubois Le Cour, Paul Kestner, Schelcher, Georges Besançon, Yves Périsse, Musset, Mme Louise Faure-Favier; MM. les aviateurs Paumier, Bajac et la plupart des membres de l'ambassade brésilienne: M. le conseiller Pedro Leao Lelloso; MM. Fonseca Hermès,do Paço, Francisco Guimaraes, attaché commercial ; MM. le colonel Audrade Vevès, attaché militaire ; le commandant Dootwork, attaché naval ; Muscat d'Orsay, directeur de Agencia Americana et de la Gazette du Brésil.
Le président ouvrit la séance par une allocution où il rappela les débuts et les rapides progrès de l'aviation; elle fut suivie de quelques paroles de M. le ministre Laurent Eynac et de M. Georges Lecomte. Enfin, la parole fut donnée à M. Louis Forest. 


D'une façon précise, mais toujours avec ce ton de bonhomie fine dont il est coutumier, l'orateur exposa l'oeuvre de Pierre Latécoère.
Développant la conception de celui-ci, il montra sur la mappemonde ce parcours presque rectiligne de 12.000 kilomètres qui, partant du sud de la France, passe par Barcelone, Alicante, Malaga, Tanger, Casablanca, Port-Etienne, Dakar, les îles du Cap-Vert, l'île de Norogna, Pernambuco, Bahia, Rio de Janeiro, Montevideo, Buenos-Ayres.
De ce grandiose programme toute la première partie, Toulouse-Casablanca, est réalisée, y compris les lignes secondaires Alicante-Oran, Casablanca-Oran et, bientôt, Barcelone-Alger. Et ce qui donne la certitude du succès pour le parcours entier, c'est la remarquable réussite de la première étape, réussite qui repose uniquement sur une organisation scientifique impeccable.
L'idée maîtresse de Latécoère est que le rôle de l'avion n'est pas de concurrencer le chemin de fer sur les distances moyennes, mais d'utiliser la rapidité de son vol à rapprocher entre eux les continents, surtout quand ils sont séparés par la mer. Réunir à travers les airs la France à ses colonies africaines, tel fut son effort initial; partir de ces colonies pour traverser l'Atlantique dans sa moindre largeur et desservir les républiques orientales de l'Amérique du Sud, voilà son but final.
En 1919, Latécoère étudie et jalonne d'aérogares le parcours Toulouse, Barcelone, Alicante, Malaga, Casablanca, 4 relais sur un parcours total de plus de 1.800 kilomètres.
Le service régulier commence en automne 1919 avec deux départs hebdomadaires dans chaque sens; il est bientôt porté à trois par semaine, puis à cinq et, dès 1922, devient quotidien dans les deux sens. Le trafic seul a commandé cette fréquence. En effet, le nombre des passagers, de 831 en 1921, montait à 2.088 en I922, à 2.867 en l923, pour dépasser 4.000 en 1924. Durant l'hiver le trajet total demande un jour et quart; pendant les longs jours, il s'exécute entre le lever et le coucher du soleil. Tout juste on a compté pendant ces cinq ans deux accidents mortels de passagers, et depuis deux années le service quotidien na pas été interrompu une seule fois : on peut dire que ce service a rempli l'objectif complet de l'aviation commerciale: la régularité, la rapidité, la sécurité.
Aussi les correspondances postales affluent-elles avec plus d'intensité encore que les voyageurs. En 1920,140.594 lettres; en 1921, 272.574; en 1922, 1.197.323; en 1923 ,2.143.250; en 1924, plus de 4 millions l
Mais, en même temps, Latécoère faisait explorer, étudier et jalonner par des avions la distance désertique longue de 2.900 kilomètres de Casablanca à Dakar, en suivant la côte. D'énormes difficultés géographiques, de ravitaillement et surtout politiques s'offraient dans ce désert sans cesse parcouru par des tribus nomades en quête de pillage. Elles ont été surmontées et le service régulier commencera dans quelques semaines. Voici franchie la deuxième étape.
Parvenu à Dakar, on a devant soi 3300 kilomètres à franchir à travers l'Océan pour atteindre Natal, le point de la côte brésilienne le moins éloigné. Par bonheur, deux groupes d'îles se trouvent sur le parcours, l'archipel du Cap-Vert à 700 kilomètres de Dakar et l'île de Norogna, à 400 kilomètres de Natal. Voici comment M. Latécoère va résoudre le problème de cette traversée. Les 700 premiers kilomètres seront franchis avec des hydravions, ainsi que les 400 derniers. Quant au grand parcours de 2.200 kilomètres d'Océan sans refuge, en attendant que les hydravions aient fait leurs preuves d'endurance et de sécurité sur de pareilles distances, on l'assurera à l'aide de vedettes à marche extra-rapide qui transporteront courriers et voyageurs en cinquante heures entre les deux îles.
Ayant atterri sur la côte brésilienne, les passagers y trouveront un service confortable d'avions terrestres qui les emporteront à leur gré par Pernambuco, en suivant la côte, jusqu'à Rio de Janeiro, soit 2.170 kilomètres, ou à Buenos-Ayres (avec escale à Montevideo), soit à 4.400 kilomètres du point d'atterrissage.
Ainsi sera réalisé en un espace de temps de sept à dix jours le voyage de Paris à Buenos-Ayres, qui demande actuellement vingt et un jours par la navigation à vapeur.
Depuis six mois une mission ou plutôt une équipe de prospecteurs aériens, à la tète de laquelle se trouve le prince Charles Murat, l'un des plus fervents promoteurs de l'aviation commerciale française, parcourt avec des avions les villes et les côtes du Brésil, de l'Uruguay et de l'Argentine, pour y obtenir lés autorisations administratives et y organiser les éléments multiples et compliqués qu'exige un service aérien sûr et régulier.
Tout est donc préparé au point de vue technique pour l'ouverture prochaine de la ligne.
Une seule éventualité dangereuse est à redouter, c'est que les Allemands, qui préparent une ligne parallèle partant de la côte espagnole ou portugaise, par les îles Madère ou les Canaries, n'arrivent premiers dans ce match mondial. Il ne dépend plus aujourd'hui que du gouvernement français de ne pas nous laisser devancer.
Toute l'assemblée a suivi avec un intérêt croissant ce brillant exposé, ainsi que les projections qui l'illustrèrent.
En terminant, M. Louis Forest tint à rappeler que si, en quelque quinze ans, l'aviation en est arrivée là, M. Painlevé en fut un des premiers et des plus fidèles animateurs et la réunion couvrit d'unanimes applaudissements le président, le conférencier et l'ingénieur Latécoère.
Victor CAMBON.





3 pages où Joseph Roig démontre la faisabilité des lignes Casablanca-Dakar et Rio de Janeiro-Buenos Aires:
& Le raid des trois avions de Rio-de-Janeiro à Buenos-Aires  extrait figaro février 1925
& Interview du colonel Roig, publié le 30 janvier 1965 par Georges Nieter coll Didier Lecoq
& "Pour que passe le courrier" par Joseph Roig


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Mars 1927,
Pierre-Georges Latécoère vend ses "lignes" à Marcel Bouilloux-Lafont  qui en fera l'AÉROPOSTALE, une victoire de l'aviation française.
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Photos










Florianópolis, 14 de janeiro de 1925. Missão de reconhecimento da Latécoère da rota Rio de Janeiro-Buenos Aires. Na foto temos: Roig, sentado na frente, Vachet e Hamm. O avião é um Bréguet 14, biplano utilizado durante a 1ª Guerra Mundial (in, FLEURY, Jean Gerard. L'Atlantique Sud de L ́Aéropostale à Concorde. Editions Denoël, 1974, p. 32).







Rio de Janeiro – janeiro de 1925. Preparação do vôo de reconhecimento Rio – Buenos Aires no Campo dos Afonsos, próximo do Rio.








Praia a 100 km de Porto Alegre – 15 de janeiro de 1925. Um problema no motor obriga Vachet a pousar na praia. Seus dois companheiros aterrissam ao seu lado e o avião é consertado.







Escala em Porto Alegre s/d. Da esquerda para a direita, temos: Gauthier, Vachet, Estival, Lafay, Chevalier e Hamm.







Bahia 1925. Em um vôo de reconhecimento do Rio em direção ao norte, o avião de Vachet, tendo a bordo Roig e Gauthier, capota após a decolagem da Bahia, os pilotos saem ilesos.








Hamm, com falta de sorte, depois de uma pane no motor, bate em rochedos em uma praia entre a Bahia e Pernambuco. (fevereiro de 1925?)








Rio de Janeiro – 23? de janeiro de 1925. Depois de sete dias em Buenos Aires, Lafay e Vachet voltam ao Rio onde aterrissam depois de 56 horas de viagem, vinte horas a mais que na ida, em razão das más condições meteorológicas.








Natal? 1927?. Desde março de 1927, Paul Vachet, terceiro a partir da esquerda, realiza o reconhecimento completo e detalhado da linha Buenos Aires – Natal.